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Des siècles de sexualités

Bienvenue sur « Des siècles de sexualités »
Découvrez les événements clés et les étapes marquantes de l'histoire de la sexualité à travers les générations et les pays. « Des siècles de sexualités » est désormais votre guide pour comprendre l'évolution des droits, de la santé et de l'expression sexuels, en montrant que la sexualité a toujours été, et continue d'être, un élément essentiel de la vie humaine, à travers les époques et les lieux.

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1813

Dépénalisation des actes homosexuels en Bavière

Le Code Napoléon français ne contenait aucune disposition érigeant en infraction pénale les actes homosexuels. Le code pénal du Royaume de Bavière, entré en vigueur en 1813, s’inspirait de ce principe. L’idée sous-jacente était que les actes sexuels consentis entre personnes du même sexe ne portaient préjudice à personne. En revanche, l’homosexualité restait une infraction pénale dans la plupart des autres États allemands, et les concepts moraux traditionnels déterminaient la manière dont la sexualité était traitée dans la législation.

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1864

Karl Heinrich Ulrichs, le premier homme homosexuel de l'histoire mondiale

À partir de 1864, Karl Heinrich Ulrichs a auto-publié au total douze ouvrages sur l’amour entre hommes. Son hypothèse selon laquelle une âme féminine dans un corps masculin conduirait à des actes homosexuels a trouvé sa place dans le discours sur les personnes trans* au XXe siècle. Ulrichs était un avocat originaire du royaume de Hanovre, où les actes homosexuels n’étaient pas punis par la loi à l’époque. Cependant, la divulgation d’actes homosexuels était considérée comme un « trouble à l’ordre public » et faisait l’objet de poursuites. En conséquence, Ulrichs fut contraint de quitter la fonction publique en 1854 lorsque des rumeurs à son sujet commencèrent à circuler. Il se consacra alors à la lutte contre la criminalisation des actes entre personnes du même sexe. Il fut contraint d’interrompre son discours sur ce sujet lors du Congrès des avocats allemands en 1867, dans un climat tumultueux. En 1880, il émigra finalement en Italie, où les actes homosexuels n’étaient pas punis par la loi.

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1871

Criminalisation des relations sexuelles entre hommes

Le 1er janvier 1871, l'article 175 du Code pénal est entré en vigueur, d'abord dans la Confédération de l'Allemagne du Nord, puis, un an plus tard, dans l'Empire allemand nouvellement fondé. Cet article érigeait en infraction pénale les relations sexuelles entre hommes. Les nationaux-socialistes ont durci les dispositions de cet article en 1935. Cette version est restée en vigueur en République fédérale d'Allemagne jusqu'aux réformes de cet article en 1969 et 1973. Depuis lors, seuls les actes sexuels avec des adolescents de sexe masculin âgés de moins de 18 ans étaient punissables, alors que l'âge du consentement pour les actes lesbiens et hétérosexuels était fixé à 14 ans. Ce n'est qu'après la réunification, en 1994, que l'article 175 a également été abrogé sur le territoire de l'ancienne République fédérale. Au total, environ 140 000 hommes ont été condamnés en vertu des différentes versions de l’article 175.

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1919

Création de l'Institut des sciences sexuelles

En 1919, le Dr Magnus Hirschfeld, un médecin qui militait depuis la fin du XIXe siècle pour la dépénalisation et l’acceptation sociale de l’homosexualité, fonda à Berlin le premier Institut de sexologie au monde. Cet institut était avant tout un centre de soins ambulatoires destiné au conseil en matière de problèmes sexuels ainsi qu’à l’examen, à l’évaluation et au traitement de tous les troubles sexuels. Il proposait des formations continues aux médecins et des conférences aux profanes intéressés. Enfin, il servait également de point de contact pour les personnes queer en situation de détresse. Les travaux de Hirschfeld sur les questions transgenres étaient révolutionnaires. Le 5 mars 1930, l’une des premières opérations de changement de sexe fut réalisée avec la participation de l’institut. Celui-ci délivrait des « certificats de travestissement », qui permettaient aux personnes de porter en public des vêtements correspondant à leur identité de genre. Les certificats destinés aux personnes transgenres leur permettaient de changer de prénom. Les nationaux-socialistes ont pillé et détruit l’institut le 6 mai 1933.

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1971

Un film, catalyseur du mouvement gay allemand

Le film *Ce ne sont pas les homosexuels qui sont pervers, mais la situation dans laquelle ils vivent*, de Rosa von Praunheim, a été présenté en avant-première le 3 juillet 1971 à la Berlinale, le Festival international du film de Berlin. Son objectif principal était de provoquer les homosexuels eux-mêmes. Le film dénonçait non seulement la discrimination sociale et juridique, mais révélait également les raisons du comportement conformiste des hommes gays. L’objectif était leur émancipation personnelle et collective : ils devaient s’organiser et lutter solidairement pour une société libre. Le film a servi de moyen de mobilisation, a fait le tour de la République fédérale d’Allemagne et était toujours suivi d’un débat. Il a déclenché une vague de créations de groupes gays et est ainsi considéré comme un catalyseur du mouvement gay en République fédérale d’Allemagne. Il a également suscité des discussions parmi les lesbiennes et conduit à la formation de groupes qui se désignaient initialement sous le nom de « femmes gays ».

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1983

La crise du sida et la création de l'association Deutsche AIDS-Hilfe

Au début des années 1980, le sida était une maladie nouvelle, sans nom et cruelle, qui touchait et tuait au départ principalement des hommes homosexuels et bisexuels. Des associations de soutien aux personnes atteintes du sida ont été créées un peu partout en Allemagne pour lutter contre la menace de répression pesant sur la communauté gay et pour sensibiliser la population. Le 23 septembre 1983, l’association Deutsche AIDS-Hilfe a été fondée. C’est grâce à Rita Süssmuth, alors ministre fédérale de la Santé, que la lutte contre le sida en Allemagne s’est appuyée sur l’éducation et la responsabilité individuelle plutôt que sur des mesures coercitives. Les organisations de soutien aux personnes atteintes du sida sont rapidement devenues des acteurs centraux et reconnus dans les domaines du conseil, de la prévention et de la prise en charge de la maladie. Pendant longtemps, la communauté gay a été traumatisée par le taux de mortalité élevé. Le médicament AZT, qui n’avait pas encore fait l’objet de recherches approfondies, provoquait de graves effets secondaires. Ce n’est qu’en 1996 que des combinaisons de principes actifs prolongeant la vie (TAR) ont fait leur apparition sur le marché, suscitant à la fois espoir et scepticisme. La TAR a redonné vie à d’innombrables personnes gravement malades.

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2001

Loi sur les partenaires enregistrés en Allemagne

Le 1er août 2001, la loi sur le partenariat enregistré est entrée en vigueur en Allemagne. À cette époque, l’État a accordé pour la première fois une reconnaissance juridique aux couples de même sexe. Des dispositions importantes, telles que le droit de visite à l’hôpital et le droit de séjour pour les partenaires non allemands, ont été introduites. Cependant, cela n’a pas permis d’atteindre une égalité totale. En particulier, les dispositions fiscales ont été exclues lors de l’introduction du partenariat enregistré, et les droits en matière d’adoption n’étaient initialement pas du tout prévus par la loi. Ce n’est que progressivement que certaines inégalités ont été éliminées, souvent à la suite d’arrêts rendus par la Cour constitutionnelle fédérale. Le 1er octobre 2017, ce régime particulier a été remplacé par le mariage, auquel les couples de même sexe peuvent également se marier depuis lors.

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1791

Abolition du délit de sodomie

La Révolution française abolit le délit de sodomie, dépénalisant ainsi les relations entre hommes. La France devient l'un des premiers pays à prendre cette mesure.

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25 Juin 1977

Première marche des Fiertés en France

La première marche homosexuelle en France, organisée à Paris, pour commémorer les émeutes de Stonewall et revendiquer les droits des personnes LGBTQ+.

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4 Août 1982

Dépénalisation définitive de l'homosexualité

Abrogation de la loi discriminatoire relative à l'âge du consentement (une disposition héritée du régime de Vichy), dépénalisant pleinement l'homosexualité.

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7 Avril 1994

Première édition du Sidaction

La première édition de Sidaction, un événement médiatique majeur et une collecte de fonds caritative en faveur de la lutte contre le sida.

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5 Juin 2004

Premier mariage entre personnes du même sexe en France

Le maire de Bègles, une commune située près de Bordeaux, a célébré le premier mariage entre personnes de même sexe en France afin de respecter le principe d'égalité devant la loi. Cependant, le mariage entre personnes de même sexe ne sera légalisé que neuf ans plus tard.

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17 Mai 2013

Légalisation du mariage entre personnes de même sexe et de l'adoption

La loi dite « Mariage pour tous » est promulguée, autorisant le mariage civil et l'adoption pour les couples de même sexe. Importance : Auparavant, il n'existait que le PACS (Pacte civil de solidarité), en vigueur depuis 1999

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2 Août 2021

Procréation médicalement assistée (PMA) : accessible à toutes les femmes

La loi sur la bioéthique étend l'accès à la procréation médicalement assistée aux couples de femmes et aux femmes seules.

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25 Janvier 2022

Interdiction des thérapies de conversion

La France interdit les pratiques visant à modifier l'orientation sexuelle ou l'identité de genre d'une personne.

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1973

Le procès des trois Marias à Lisbonne, Portugal

Le procès de Maria Isabel Barrena, Maria Teresa Horta et Maria Velho da Costa, connues sous le nom des « Trois Maria », s’est ouvert le 25 octobre 1973. Leur ouvrage, *Novas Cartas Portuguesas* (Nouvelles lettres portugaises), publié en 1972, avait été jugé pornographique et immoral par le régime de l’Estado Novo, ce qui avait conduit à leur poursuite en justice. Cet ouvrage, une critique féministe de la société patriarcale, explorait la sexualité des femmes et les rôles de genre, suscitant l’attention internationale et mettant en lumière la censure et l’oppression de genre au Portugal.
Importance : Ce procès est devenu un symbole de résistance contre l’autoritarisme et le contrôle patriarcal, contribuant au discours féministe au Portugal et au-delà.

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1974

Première manifestation du mouvement homosexuel à Porto, au Portugal

Ces événements se sont produits trois semaines après la Révolution des œillets, qui a renversé la dictature de l’Estado Novo. Antonio Serzedelo, historien et militant social, a co-rédigé le manifeste « Liberté pour les minorités sexuelles » au sein du MHAR, alors nouvellement créé. Serzedelo, qui travaillait à l’époque au sein du département d’information et de contre-information de l’état-major de l’armée, est devenu une figure clé des débuts du militantisme LGBTIQ+ au Portugal, défendant les droits des minorités sexuelles pendant une période de changements révolutionnaires. Son militantisme s’est poursuivi en tant que membre du cabinet du général Franco Charais au sein du Conseil de la Révolution et à travers son engagement de toute une vie en faveur de la justice sociale, notamment en tant que président du Comité portugais des droits de l’homme et en tant que journaliste.
Importance : Le manifeste et le militantisme de Serzedelo ont marqué un tournant décisif pour la visibilité des personnes LGBTIQ+ au Portugal, tirant parti de l’ouverture d’esprit qui a suivi la révolution pour faire avancer les droits des minorités sexuelles et remettre en question les normes sociales.

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1982

Dépénalisation de l'homosexualité au Portugal

Cette réforme s’inscrivait dans le cadre d’une modernisation plus large du droit portugais à la suite de la Révolution des œillets de 1974, qui a mis fin à la dictature et marqué le début d’une période de démocratisation et de changements sociaux progressistes. Cette évolution juridique a permis au Portugal de rejoindre le groupe croissant de pays européens qui, dans les années 1980, s’engageaient sur la voie de la protection des droits sexuels. Bien que la dépénalisation n’ait pas immédiatement mis fin à la stigmatisation ni à la discrimination, elle a marqué la première étape structurelle vers la reconnaissance des droits et de la dignité des personnes LGBTIQ+.
Importance : cette évolution juridique a constitué une avancée décisive pour les droits des personnes LGBTIQ+, permettant au Portugal de s'aligner sur d'autres pays européens ayant dépénalisé l'homosexualité et ouvrant la voie à de futures mesures en faveur de l'égalité.

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1997

La première Pride à Lisbonne, Portugal

La première édition de l’Arraial Pride s’est tenue à Lisbonne le 28 juin 1997, malgré les fortes pluies tombées plus tôt dans la journée. Il s’agissait de la toute première fête LGBT en plein air organisée au Portugal, mise en place sur la place Príncipe Real par l’ILGA Portugal et la mairie de Lisbonne. L'événement visait à renforcer le sentiment d'appartenance à une communauté et à aider les personnes à se sentir à l'aise dans leur identité LGBT. Au programme : des spectacles de drag queens, de la musique live et une forte participation des bars du quartier. L'ambiance était festive et émouvante, avec un nombre de participants supérieur aux prévisions. Malgré la présence de quelques affiches homophobes et d'un dispositif policier, l'événement a remporté un franc succès et a fait l'objet d'une couverture médiatique importante, marquant ainsi une étape décisive pour la visibilité LGBT au Portugal.
Importance : Cette première « Pride » a marqué un tournant pour la visibilité des personnes LGBT au Portugal, en créant pour la première fois un espace public où les gens pouvaient célébrer leur identité ouvertement et en toute sécurité. Son succès a contribué à normaliser les événements « Pride » dans le pays, renforçant la cohésion communautaire et ouvrant la voie à une acceptation sociale et politique plus large.

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2010

Légalisation du mariage entre personnes de même sexe au Portugal

La loi a été promulguée par le président Anfbal Cavaco Silva après avoir été approuvée par le Parlement. Elle accordait aux couples de même sexe les mêmes droits en matière de mariage qu’aux couples hétérosexuels, bien que les droits à l’adoption aient été initialement exclus (ils ont été accordés par la suite, en 2016). Cette avancée historique a placé le Portugal parmi les premiers pays européens à légaliser le mariage entre personnes de même sexe, marquant ainsi un tournant majeur vers l’égalité juridique et la reconnaissance sociale des familles LGBTIQ+. Malgré un certain débat public à l'époque, l'adoption de cette loi a contribué à renforcer la visibilité, la protection et la dignité des personnes LGBTIQ+ au Portugal.
Importance : Il s'agit d'une avancée historique pour les droits des personnes LGBTIQ+, qui reflète l'engagement croissant du Portugal en faveur de l'égalité et de l'inclusion sociale.

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2016

La Loi autorise l'adoption par des couples de même sexe au Portugal

L'adoption, sous toutes ses formes, est désormais légalement autorisée au Portugal pour les couples mariés de même sexe. Auparavant, les couples de même sexe, qu'ils soient mariés ou en union libre, pouvaient adopter, mais seul l'un des deux membres du couple pouvait assumer les responsabilités parentales. Cette situation créait une insécurité juridique pour les familles, privant l'un des parents d'une reconnaissance officielle et limitant les protections dont bénéficiait l'enfant. La réforme de 2016 a corrigé cette inégalité en autorisant l’adoption conjointe et la co-adoption, garantissant ainsi que les deux parents soient légalement reconnus dès le départ. Ce changement a également aligné la législation portugaise sur les normes internationales en matière de droits de l’homme et sur les réalités vécues par de nombreuses familles LGBTIQ+.
Importance : cette évolution juridique a représenté une avancée majeure vers l’égalité familiale totale au Portugal, renforçant les droits et la protection des enfants élevés par des parents de même sexe.

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2018

Loi sur l'autodétermination de genre au Portugal

La loi, promulguée par le président Marcelo Rebelo de Sousa, protégeait également l’autonomie corporelle des personnes intersexuées. Elle a instauré le droit de changer son nom légal et son indicateur de genre dès l’âge de 16 ans, avec un accompagnement adapté, réduisant ainsi les obstacles bureaucratiques et discriminatoires. Cette législation a été largement reconnue comme l’une des plus progressistes d’Europe, reflétant un soutien croissant de l’opinion publique et du monde politique en faveur de la diversité de genre.
Importance : cette législation progressiste a marqué une avancée significative en matière de droits des personnes transgenres et intersexuées, alignant le Portugal sur les normes internationales en matière de droits de l’homme. Elle a renforcé la dignité juridique, l’autonomie et la protection des personnes de genre divers et intersexuées, et a constitué un précédent important pour d’autres pays cherchant à moderniser leurs lois sur la reconnaissance du genre.

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1864

Le Code pénal de Cuza et les débuts du libéralisme

Avec la modernisation de la législation, le Code pénal de 1864 ne faisait aucune mention des actes homosexuels. À une époque où de nombreux États européens punissaient les relations entre personnes du même sexe par des peines d'emprisonnement, voire la peine de mort, la Roumanie offrait, par omission, un cadre plus tolérant. Cette évolution constituait une avancée étonnamment progressiste pour un État récemment unifié, plaçant la Roumanie parmi les premiers pays européens à ne pas criminaliser explicitement l'homosexualité.
Importance : cette omission a placé la Roumanie, de manière inattendue, en tête de nombreux États européens de l'époque, offrant ainsi un cadre juridique relativement tolérant. Elle a jeté les bases précoces d'une conception de la diversité sexuelle comme relevant de la sphère privée plutôt que du droit pénal, même si cette avancée allait par la suite être remise en cause.

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1936

La recriminalisation de l'homosexualité sous le règne de Carol Ier

Le Code pénal de 1936 (souvent appelé « Code pénal de Carol II ») a rendu illégales les relations homosexuelles consenties lorsqu’elles provoquaient un « scandale public » (art. 431), instaurant ainsi des sanctions pénales qualifiées d’« actes d’inversion sexuelle ».
Importance : Il s'agit là d'un tournant décisif : les relations intimes entre personnes du même sexe sont devenues une question relevant du droit pénal, jetant ainsi les bases d'un durcissement ultérieur sous le régime communiste (notamment avec la réforme de 1968 qui a introduit l'article 200).

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1968

Article 200 du Code pénal communiste

Sous le régime de Nicolae Ceaușescu, le Code pénal de 1968 a introduit le tristement célèbre article 200. Les relations entre personnes du même sexe, même privées et consenties, étaient passibles d’une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison. Cette loi a légitimé la surveillance et le harcèlement systématiques des personnes LGBTQ par la Securitate et la police, faisant de l’intimité elle-même un délit contrôlé par l’État.
Importance : L'article 200 est devenu l'une des formes d'intervention de l'État les plus intrusives dans la vie privée au sein de la Roumanie communiste. Il a institutionnalisé la peur, le secret et le harcèlement, provoquant des traumatismes durables au sein des communautés LGBTQ et normalisant la surveillance étatique en tant qu'outil de contrôle social.

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1996

L'émergence du militantisme LGBTQ et la première brèche juridique

C'est dans un climat post-communiste marqué par l'intolérance qu'a été fondée ACCEPT, la première ONG roumaine de défense des droits des personnes LGBTQ. La même année, le Parlement a modifié l'article 200 : les relations privées entre personnes du même sexe n'étaient plus criminalisées, mais celles qui avaient lieu en public ou qui étaient jugées « scandaleuses » restaient illégales. Il s'agissait d'une victoire partielle, mais elle a marqué à la fois la naissance d'un militantisme LGBTQ organisé et la première brèche législative dans le mur de la répression.
Importance : La création d’ACCEPT a marqué la naissance d’un mouvement organisé de défense des droits des personnes LGBTQ en Roumanie. La modification partielle de l’article 200 a démontré, pour la première fois, que la réforme législative était possible. Elle a également ouvert un espace public propice au militantisme, à la visibilité et à la pression politique en faveur d’une dépénalisation totale.

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2001

Dépénalisation totale des relations entre personnes du même sexe

Sous la pression du processus d'adhésion à l'Union européenne, le gouvernement du Premier ministre Adrian Năstase a abrogé l'article 200 par le biais d'une ordonnance d'urgence. La Roumanie a ainsi mis fin à plus d'un siècle de répression juridique à l'encontre des personnes LGBTQ. Au-delà d'une exigence technique liée à l'adhésion à l'UE, cette abrogation a marqué un tournant symbolique, reconnaissant le droit à la vie privée et à la dignité des citoyens gays et lesbiennes.
Portée : L'abrogation de l'article 200 a mis fin à plus de 125 ans de criminalisation. Elle a marqué un tournant historique en faveur des droits de l'homme, alignant la Roumanie sur les principes démocratiques européens. Au-delà du respect des normes de l'Union européenne, elle a symbolisé la reconnaissance des personnes LGBTQ en tant que citoyens à part entière, dignes de respect et de protection.

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2005

La première Pride en Roumanie

Bucarest a accueilli sa première « Marche de la diversité », organisée par ACCEPT dans le cadre du GayFest. L'événement a été confronté à l'hostilité et à des manifestations, mais il a également constitué un acte de courage civique. Pour la première fois, les personnes LGBTQ de Roumanie ont revendiqué ouvertement leur place dans les rues, jetant ainsi les bases de ce qui allait devenir la tradition annuelle de la Gay Pride de Bucarest.
Importance : La première marche de la Fierté a brisé le silence public qui entourait les identités LGBTQ et a marqué une étape importante pour la visibilité et l'autonomisation de la communauté. Malgré l'hostilité, cet événement a instauré une tradition de célébrations annuelles de la Fierté et a renforcé la société civile LGBTQ naissante en Roumanie.

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1987

Création du Mouvement de libération gay chypriote (AKOK)

Le Mouvement chypriote de libération gay (AKOK) a été fondé en décembre 1987 par l’éminent militant Alecos Modinos, aux côtés de seize hommes gays et d’une femme lesbienne, à une époque où les relations homosexuelles entre hommes étaient encore criminalisées à Chypre et où le débat public sur l’homosexualité relevait d’un tabou profond. En tant que premier groupe organisé de défense des droits des personnes LGBT sur l’île, l’AKOK s’est principalement attaché à militer pour la dépénalisation des relations sexuelles entre hommes et à lutter contre l’homophobie généralisée soutenue par les autorités de l’État et l’Église orthodoxe. Bien qu’elle n’ait jamais été officiellement enregistrée, car il était trop risqué pour un nombre suffisant de personnes de s’inscrire publiquement en tant que membres, l’AKOK a adhéré à l’Association internationale des gays et lesbiennes (ILGA), s’est réunie dans des lieux privés et a mis en place des initiatives de soutien telles qu’une « ligne téléphonique gay » destinée à la communauté. Le militantisme de l’AKOK, combiné à l’affaire Modinos, qui a fait date devant la Cour européenne des droits de l’homme, a ouvert la voie à la dépénalisation définitive des relations sexuelles entre personnes du même sexe en 1998 et a posé les bases historiques pour des organisations ultérieures telles qu’Accept – LGBT Cyprus.

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1998

Dépénalisation de l'homosexualité à Chypre

L'homosexualité a été dépénalisée à Chypre le 21 mai 1998, lorsque la Chambre des représentants a adopté un projet de loi modifiant le Code pénal afin de supprimer les sanctions applicables aux relations sexuelles consenties entre adultes du même sexe, alignant ainsi le pays sur les normes européennes en matière de droits de l'homme à la suite de l'arrêt rendu en 1993 par la Cour européenne des droits de l'homme dans l'affaire Modinos c. Chypre. La loi a abrogé des dispositions telles que les articles 171 et 173, qui prévoyaient jusqu’à cinq ans d’emprisonnement pour les actes homosexuels entre hommes, malgré la farouche opposition de l’Église orthodoxe, qui a organisé des manifestations et des grèves. Au départ, l’âge du consentement restait inégal (18 ans pour les homosexuels contre 16 ans pour les hétérosexuels) et la « promotion » de l’homosexualité était criminalisée, mais ces âges ont été harmonisés à 17 ans en 2002 suite à de nouvelles pressions, mettant fin au statut de Chypre comme l’un des derniers bastions européens à criminaliser l’homosexualité et ouvrant la voie à des avancées ultérieures en faveur des personnes LGBT, telles que les unions civiles en 2015.

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2014

Première Gay Pride de l'histoire à Chypre, à Nicosie

Chypre a organisé sa première Gay Pride à Nicosie le 31 mai 2014, sous l’égide de l’association Accept-LGBT Cyprus. L’événement a rassemblé près de 5 000 participants, dépassant de loin les attentes, et a bénéficié du soutien de l’ancien président George Vasiliou et de la star de la pop Anna Vissi. Organisé 16 ans après la dépénalisation de l'homosexualité, le défilé a sillonné les rues du centre de Nicosie depuis les Jardins municipaux, mettant l'accent sur l'égalité des droits au sein d'une société conservatrice, avec des discours, des spectacles et des activités familiales. Ce défilé historique a marqué un tournant en matière de visibilité et d'acceptation ; il ne cesse de prendre de l'ampleur chaque année grâce au soutien du gouvernement et inspire des événements des deux côtés de l'île, y compris dans le nord.

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2015

Droit de la cohabitation civile à Chypre

Le 26 juillet 2015, Chypre a reconnu les contrats de vie commune, tant pour les couples de même sexe que pour les couples hétérosexuels, leur accordant des droits similaires à ceux du mariage en matière de sécurité sociale, de retraite, d’héritage et de décisions médicales. Présentée par le député du DISY Christos Stavrou au cours de débats houleux sur l’égalité, cette loi a institué un registre dédié à ces partenariats, offrant des protections essentielles contre la discrimination et alignant Chypre sur les normes de l’UE en matière de droits de l’homme, plusieurs années après la dépénalisation de l’homosexualité. Cette avancée progressiste a renforcé la visibilité de la communauté LGBT, avec plus de 200 enregistrements à l’horizon 2023, a stimulé d’autres avancées telles que les droits à la maternité de substitution en 2022, et a remis en cause l’opposition de l’Église conservatrice, permettant ainsi aux couples de se construire ensemble un avenir sûr. En décembre 2015, la loi sur la cohabitation civile est entrée en vigueur.

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2020

Interdiction des thérapies de conversion à Chypre

En mai 2020, Chypre a adopté une interdiction sans précédent des thérapies de conversion par le biais d’amendements à la loi sur la lutte contre la violence domestique et la violence à l’égard des femmes (plus précisément en vertu de la loi n° 112(1)/2021), qui érige en infraction pénale toute pratique psychologique, médicale, religieuse ou autre visant à modifier ou à réprimer l’orientation sexuelle ou l’identité de genre d’une personne, avec des peines pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et des amendes, afin de protéger les droits à la santé mentale des personnes LGBTQ+. Cette législation, défendue par Accept-LGBT Cyprus et conforme aux recommandations de l’Union européenne, vise les interventions néfastes souvent promues par des groupes religieux conservateurs, en reconnaissant leur lien avec des traumatismes psychologiques graves, la dépression et le risque de suicide, et s’appuie sur des avancées antérieures en faveur des personnes LGBT, telles que la dépénalisation et les unions civiles. En qualifiant ces pratiques de forme de violence domestique, la loi donne aux victimes les moyens de demander justice grâce à des mécanismes de signalement et à l’application judiciaire, positionnant Chypre comme un leader régional en matière de réformes protectrices malgré une résistance sociétale persistante.

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